Soraya & Mpeya : nouvelles recrues de la fourmilière
Les deux étaient déjà membres de la famille Ambassadeurs avant de nous rejoindre officiellement. La première, de par son patrimoine génétique et sa connaissance du projet depuis le tout premier jour. Le second, par sa curiosité vive et son envie de devenir un « agent inflitré » (sic).

Il y a 4 ans, Mpeya pousse la porte des Ambassadeurs et a tout de suite le sentiment d’être à la maison. Pourtant, il n’avait a priori pas frappé à la bonne porte. Intéressé par des ateliers d’écriture à la Maison de la Francité, il est accueilli par un « vous correspondriez plus au style des Ambassadeurs ». Il grimpe alors les quelques marches qui séparent les deux asbl et se retrouve face à une reine. « J’ai senti qu’ici, il y avait une énergie qui stimule, qui inspire. Je ressentais la même émulation que dans une ruche. » Il rencontre Monia et de ce premier échange sur l'asso, il dira « Plus elle m’explique, moins je comprends. » Pas étonnant : rien ne vaut un grand plongeon au coeur des animations pour prendre conscience du fonctionnement la matrice.

Soraya, quant à elle, assiste à la naissance des Ambassadeurs puisque c'est sa grande soeur, Monia, qui en est la co-fondatrice. Elle constate très vite l'impact du projet auprès des jeunes et elle, qui est plus cartésienne que littéraire, sait à quel point Monia jongle avec les mots comme personne. "Je souhaite à tout le monde d'un jour recevoir une lettre d'anniversaire de la part de ma soeur. C'est tellement beau. Ou même un message d'engueulade ! Je me souviens d'un en particulier. Au lieu de m'énerver sur le contenu du message, je me suis retrouvée admirative de la tournure des phrases. Je mesure le poids des mots."

Responsable administrative et financière des Ambassadeurs depuis quelques mois maintenant, Soraya est également professeure en secondaire, où elle enseigne la géo (en anglais) et les sciences économiques. Celle que Lemane surnomme "Madame argent" ne passe donc pas uniquement son temps devant des tableaux Excel et des appels à projet. Elle est en lien direct avec la jeunesse bruxelloise... tout comme Mpeya.

Le nouveau coordinateur pédagogique de notre Organisation de jeunesse était jusque là prof d'anglais à Emile Jacqmain. Sa passion pour la pédagogie et la transmission, il la doit à son père qui leur faisait du "home schooling" à son frère jumeau et lui. "À l'école on s'ennuyait parce que mon père nous avait enseigné en amont ce qu'on allait voir en classe." Il ajoute : "Mon père avait un projet, une vision qu'il nous expliquera plus tard. Le jour de notre naissance, il a demandé à l'infirmière de le prendre en photo avec nous, ses deux nouveaux-nés, et il lui a dit : "je ferai tout pour que dans 25 ans, ces enfants soient diplômés." Son père développait d'ailleurs ses propres outils pédagogiques et Mpeya verra défiler à la maison des centaines de cousin·e·s, de voisin·e·s, de collègues qui venaient apprendre auprès de Papa Moswala Bongambo.

"J'ai jamais voulu être prof, parce que déjà j'avais eu un prof à la maison, puis on a été mis dans des écoles élitistes et donc je trouvais les profs froids, distants." Alors Mpeya prend une autre route et entame des études de traduction... qui l'ont finalement mené à des remplacements en écoles secondaires. l se prête au jeu et trouve ça enivrant. "C'est le contact avec les jeunes qui m'a fait rester là."

Quant à Soraya, elle voue une véritable admiration à la jeunesse actuelle. Elle a une relation complice avec ses propres enfants, et elle apprécie qu'aujourd'hui, les jeunes aient tissé de véritables liens avec le monde adulte dont elle fait partie. "Iels me montrent leur Snap, on regarde les mêmes séries, on écoute la même musique... C'était pas le cas avec ma mère à l'époque !", dit-elle le rire dans la voix. Soraya savoure ces échanges. À ses yeux, les jeunes de 2026 sont "tactiques, stratèges et clairvoyant·e·s." Elle ajoute : "Iels ont un vrai regarde sur la société. Sans doute avec moins de naïveté, ça c'est dommage, mais avec une vraie ouverture sur le monde. Iels composent avec ce qu'il y a, j'ai totalement confiance en elleux. Iels sont malins·ignes !"

Si Mpeya a d'abord cru au bourdonnement de la ruche, ce passionné de biomimétisme s'est ensuite demandé si nous n'étions pas davantage des fourmis. Cet insecte capable de travailler en équipe, de compter sur les autres en cas de besoin, mais aussi de ralentir le rythme une fois le rush passé. Il ne reste plus qu'à adopter ce dernier comportement et à, de temps en temps, savourer les petites et grandes victoires.

Alors à Soraya et Mpeya : bienvenue dans l'aventure de notre fourmillière !

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